Je m'y suis jeter femme, mais le suis-je désormais
Dans les affres lugubres des machines d'acier
qui lacèrent ma peau de leurs ongles rouillés
Dans la fonte et la suie qui brûlent mes paupières
qui détrempent mon front de leurs langues de fer
Dans l'anneau de métal qui entrave mon corps
où un bras de golem m'enchaîne à ce décor
laisse des marques noires à l'ombre de son rire
dont résonne le cri au fond de l'avenir
et ses yeux torches froides survoltent sans chaleur
ma peau qui se raidit, plaquée, rivée d'horreur
sonde perçant mon coeur, qui bat encore, aspire
le sang et de laiton,en fusion le remplir
Mes entrailles soulèvent mes côtes aux bas d'os
Martèle le marteau de leurs voix dans ma fosse
Rompe, et tout est broyé dans les mâchoires du four
dont les crocs me dissèquent et qu'on appelle "amour"
Crack, la chair qui reste, ne vomis que la tôle
de ma vie que l'air lustre et que prudents ils chaulent
Leurs chiffons sales m'essuient, vénus au corps d'inox
de son carcan de mousse, de leurs fruits paradoxe
de désir. Mais ont peur quand ma voix de synthèse
leur demande maintenant sans pudeur où l'on baise.

